Thérapies pour le Corps et l'Esprit sur le Var (83) et la région toulousaine (31) , en individuel et/ou collectif.
La peur est certainement l'émotion la plus difficile à vivre, et celle que l'on a le plus de mal à gérer. Ses effets sur le corps sont immédiats et fort inconfortables, parfois même paradoxaux entre eux: irrépressible besoin de se mettre à bouger, qui débouche en général sur l'envie de se mettre à courir (dans la direction opposée à la source du stress),remplacé parfois par un fort sentiment d'impuissance qui va générer au contraire le "freezing", c'est à dire une sensation de paralysie, souffle coupé, coeur au bord de l'explosion, envie de hurler, ventre tordu de douleur, muscles tendus à l'extrême, jambes qui flageollent...
Que ce soit face à une araignée, à un supérieur hiérarchique peu amène, debout au bord d'un ravin ou à la veille d'une échéance importante, on a tous connu "ça", un jour ou l'autre.
Derrière toutes ces peurs, petites ou grandes, se cache loin loin derrière mais finalement bien présente, la peur de la mort. Vous ne l'entendez peut-être pas haut et clair, maisdans ces instants-là, une petite voix vous manipule en vous sussurant qu'il est impossible que vous surviviez à "ça".
Votre cerveau ne fait pas la différence
Or l’esprit ne fait pas aisément la différence entre la peur de mourir et la peur en général. Pas plus que votre cerveau ne peut faire la différence entre une source de stress bien présente devant vous (la pauvre araignée coincée au fond de votre baignoire) et le fait de penser que peut-être, tout à l'air, quand vous irez dans la salle de bains pour vous doucher, là toute noire avec toutes ces pattes noires et velues, elle vous attendra sournoisement, tapie sous la bonde (peur d'anticipation).... Votre mental est capable, à lui tout seul, de déclencher les mêmes manifestations physiques que "si vous y étiez". regardez pourtant autour de vous: vous n'y êtes pas!
Ainsi lorsqu’un automobiliste nous agresse au travers de la vitre de son véhicule, il se pourrait bien que le cœur s’emballe aussi vite que si le protagoniste avait…un revolver en main. Se désidentifier du mental et de ses pensées, se désolidariser de l’Ego et de son histoire est donc un précieux exercice qui permet de retrouver le calme intérieur au moment opportun.
Mais la peur est aussi une émotion précieuse qui a permis sans doute à l’espèce humaine de survivre et qui l’a protégée d’une disparition précoce. Grâce à l’anticipation et à la mémoire, ses alliées, elle a pu se protéger des différents prédateurs et dangers qui ont jalonné son histoire. Si la peur est un sentiment positif pour la survie de l’espèce, elle joue néanmoins un rôle fort ambigu, si pas néfaste, en développement personnel.
La peur a des caractéristiques bien reconnaissables, son objet n’existe pas dans le présent, il existe dans le temps uniquement, soit dans l’espace virtuel de l’anticipation. Il évacue par essence le sentiment d’amour et de paix qui ne peuvent intrinsèquement coexister avec la peur. La peur paralyse plutôt que de stimuler l’action constructive.
Mais, assez paradoxalement la peur nous dicte des comportements qui nous font converger vers la réalisation de nos peurs… ! Comment expliquer pareille étrangeté ?
C’est d’une logique implacable : la peur est un sentiment insoutenable. Quand on la ressent, une seule urgence: s’en débarrasser au plus vite.
1. Quand l’objet de la peur se réalise, on n’a plus peur… ! J’ai peur d’avoir un accident, je provoque inconsciemment l’accident, comme ça je n’ai plus peur. On adopte ainsi des comportements parfois sophistiqués, des positions par rapport à cette peur (comme si elle existait déjà et était déjà réelle) qui induisent implacablement ce dont on a peur. C’est ainsi que l’on finit par créer exactement ce dont on a peur.
Ce qui justifie bien sûr le sentiment de peur au départ parfois inexplicable. Montrant ainsi que l’on avait bien raison d’avoir peur !!! C’est ainsi que l’on arrive à obtenir régulièrement ce que l’on ne désire pas, en générant inconsciemment l’objet de sa propre peur soi même…
2. Autre solution, éliminer l’objet de la peur. J’ai peur de rater cet examen. Je ne passe pas cet examen qui , au fait, ne m’intéresse plus. Plus de peur non plus !
C’est ainsi que certaines personnes exécutent un réel sabotage d’une situation qui aurait pu être réellement constructive et positive pour leur évolution…simplement parce que la peur de mille choses qui pourraient arriver est omniprésente dans leur esprit.
L’inhibition de l’action est la solution la plus utilisée pour évacuer la peur. Comme cela pas de risque, l'objectif inconscient étant d'évacuer à tout prix cette source de stress, qui cause tantd e désagréments psychiques et physiques.
L’éducation en Occident repose principalement sur le développement de ce sentiment. Et sur la culpabilité. (voir : le père fouettard, le chaperon rouge , le loup et l’agneau, les trois petits cochons, et bien d’autres contes pour enfants qui vont, au fil de ces années si cruciales pour l’édification de la personnalité dans l’enfance, forger la relation avec la peur…) La culture américaine qui envahit la planète, la culture de la peur, grâce aux films mais aussi via la stratégie de conquête de certains gouvernements: bref, pas grand chose dans notre contexte social, culturel et politique pour améliorer les chose. L'exemple encore tout récent de la stratégie de communication autour de la Grippe A est plus que parlant: les médias nous font baigner en permanence dans un mélange de peur et de panique fort dommageable pour l'équilibre de notre système nerveux.
La peur est la plus inconfortable des émotions. Elle coupe de soi, elle décentre, elle met en état de survie et d'hyperviligeance, elle inonde votre corps d'un bain toxique d'adrénaline pure. Pire, sur le long terme, ce stress permanent ronge la capacité d'ouverture et de confiance en Soi, comme en l'Autre. La peur tue donc l’Amour...
L’idéal serait d’arriver à remplacer nos peurs par nos désirs. Et de les vivre comme un moyen, non comme une fin. Car à trop se concentrer sur la fin, on n’est plus dans la Présence à Soi et on rate effectivement le meilleur…